Résumé éditeur
Le roi de Navarre et ses trois compagnons ont juré de se vouer à l'étude et de fuir les femmes pendant trois ans. Mais arrive la Princesse de France accompagnée de trois charmantes demoiselles. Les hommes en tombent éperdument amoureux, en dépit du pacte solennel qu'ils ont conclu entre eux. Ils se répandent alors en poèmes d'amour emphatiques et remplis de références mythologiques. Mais les « Françaises » vont se jouer d'eux, et ne seront pas si facile à conquérir. Interviennent également deux pédants érudits, un curé grotesque, un jeune page à l'esprit vif, un paysan et un officier balourd. Pleine de fantaisie, la pièce est aussi faite de discours brillants, de jeux de mots, de calembours, de passages à double-sens, de serments solennels, de déclarations d'amour dithyrambiques, de joutes verbales étourdissantes. La fin est cependant plus sérieuse, et les amants se réengageront pour une épreuve d'un an, mais cette fois-ci auprès de leurs maîtresses. Peines d'amour perdues est l'une des pièces les plus spirituelles de Shakespeare. Elle semble parfois se perdre en digressions plaisantes, mais tout se justifie à la fin. La scène masquée souligne la fatuité amoureuse des hommes, l'esprit fin et plus sensé des femmes, qui ne tardent guère à ridiculiser leurs amants. Et c'est quand ils « parlent vrai », à bout de ressources, qu'ils peuvent faire admettre leur sincérité. Shakespeare se moque-t-il du Shakespeare de certains sonnets élégiaques ? L'amour véritable doit-il nécessairement passer par une poésie grandiloquente ? La comédie eut sans doute du succès, puisqu'elle fut suivie d'une Peines d'amour gagnées, dont on ne sait rien puisque le texte en a été perdu. Le découpage en cinq actes, plutôt bancal, est sans doute tardif.