une tragédie naturaliste
La fête de la Saint-Jean est là, avec ses fleurs, ses danses et ses chants : nuit claire du solstice d'été où les corps se libèrent, où les cœurs s'enflamment. Julie, une jeune artistocrate, vient de rompre ses fiançailles ; fuyant son milieu familial, elle préfère festoyer en compagnie des paysans et des domestiques. Et elle s'est mise en tête de séduire Jean, le valet de son père. À l'assurance de la jeune femme, à ses provocations enjouées et cruelles, Jean oppose une résistance ferme, en lui rappelant sa condition. Mais, à mesure qu'avance cette nuit si particulière, les barrières de classes chancellent et les âmes sont mises à nu. Ce huis clos brûlant (1888), dont chaque personnage contient en creux l'ombre de l'auteur suédois, est l'une de ses pièces les plus représentées à travers le monde. Mettant en scène la séduction incontrôlable, l'amour et ses illusions, l'angoisse et sa force destructrice, elle montre la logique implacable de l'ascension comme de la chute.
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