la morale du libéralisme selon Hayek
Les règles de la justice sont, d'après Friedrich Hayek, l'effet d'un ordre spontané et non de la volonté délibérée des hommes. Cette thèse renvoie à une conception de la règle abstraite et générale dont ce livre montre le lien avec les limites de la raison, l'abstraction constituant, selon Hayek, le moyen pour l'esprit de s'occuper d'une réalité que celui-ci ne peut entièrement comprendre. Une «primauté de l'abstrait» s'applique ainsi non seulement à l'ordre social – guidé par les règles abstraites de la justice –, mais également à l'ordre sensoriel, c'est-à-dire à notre perception du monde extérieur et aux dispositions à agir qui en résultent. Comment comprendre le lien entre cette primauté de l'abstrait et le libéralisme de Hayek, en particulier concernant sa conception de la «morale du marché» comme discipline des règles abstraites et son rejet de buts particuliers guidant l'action publique? Enfin, Hayek a-t-il eu raison d'attribuer au philosophe empiriste David Hume une telle conception de l'abstraction?
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