Gorguine Valougeorgis se fait le chantre du temps qui passe, des souvenirs qu'on croit inoubliables et qui s'estompent et nous échappent. oros porte la voix d'un homme, nostalgique d'une enfance insouciante et heureuse, à la croisée de son passé, du présent et de son avenir ; un homme aussi à la croisée des cultures (« aurais-je assez de cordes pour tous les ports ? »). L'image récurrente de la mer est là pour lier les temps composés d'une vie, et les continents aussi. Mais, naviguer sans cesse est se condamner à l'errance, sans plus de terre où se (re-)poser, où planter un arbre afin qu'il y prenne racine. Se pose alors sans doute la question d'identité, quand il y a tant de miroirs dans lesquels se voir. Quelle est l'image de soi vraie ? La réponse est bien évidemment toutes. Ce qui peut être déstabilisant, car l'unicité — l'ipséité — s'avère multiple. Autant de questions / en mer qu'en ville / Mais en mer plus larges.
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