Le 19 avril 1915, Jean Roire s'évapora, ne laissant pour ce qu'il avait connu et aimé qu'un souvenir, un être sans corps, une ombre pulvérisée et ensevelie dans les méandres d'une terre vosgienne déchiquetée. Cette Première Guerre mondiale, qui ne devait durer que quelques semaines, n'en était pas encore au sixième de sa durée et de ses souffrances. Jean Roire, sourd, livré aux bons soins de son ami d'infortune, son " tireur de capote " pour l'informer de l'arrivée des Shrapnells ou des marmites, aura, en brave Poilu, dans ce vacarme silencieux pour lui, apporté sa pierre à l'édifice monstrueux érigé par les chairs à canon.
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