« L.A. Woman (1971) passe pour un opus testamentaire où l'on perçoit volontiers la préfiguration de la mort toute proche de Jim Morrison. Ce disque est surtout un concentré de ce que les Doors sont capables d'offrir musicalement : blues, jazz et poésie mêlés, assemblés (comme on dit du vin ou du whisky) pour aboutir à ce qu'il convient de nommer un grand album de rock. Il s'agit, avec ce généreux blend, de l'ultime bandaison lyrique du groupe californien, mais ce dernier disque n'est sans doute pas celui de la fin. Loin de là. L'énergie qui se dégage des dix morceaux qui le composent dément très largement toute interprétation terminale ou morbide, de même que les enregistrements de sessions en studio qui nous sont parvenus. » « Il faudrait idéalement pouvoir écouter les Doors depuis la vie. Or, la fin est là dès le commencement et, leurré par ce jeu constant sur « The End », on envisage trop souvent les Doors depuis la mort de Jim Morrison, sans réellement saisir le profond vitalisme de cette musique. C'est particulièrement tentant pour ce qui est du dernier album. D'emblée, le mythe de Morrison se torsade à la mort et empêche la vive écoute des Doors. Le souhait qui anime ce petit livre est de désencombrer ce groupe de sa légende pour tâcher de le rendre à la musique. »
Sujet :Critique et interprétation
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