Le présent livre d'Anton Marty (1873-1914) constitue un tournant dans l'histoire des réflexions sur le langage. Son objet est d'établir une véritable «philosophie du langage», débarrassée des adhérences théologiques, qui attribuaient une origine divine au langage, ou du romantisme, qui défendait encore l'idée d'un «génie» ou d'un «esprit» des langues. Selon Marty, le langage n'a pas d'autre origine que le travail de facultés humaines, et il est donc possible d'en reconstruire la formation à partir d'hypothèses empiriques, qui illustrent à chaque étape le rôle de l'imitation, de l'habitude et de l'usage collectif de la langue. Avec cette thèse, Marty se pose en véritable interlocuteur et contradicteur de Husserl, dont les thèses sur la logique sont notamment discutées, et jette les bases du pragmatisme contemporain, puisqu'elle conçoit d'emblée le langage en fonction de sa finalité principale : communiquer des contenus de pensée, des créations de l'imagination, des émotions. Œuvre essentiellement collective, le langage reste lié à ce registre social, sans pour autant exclure la part évidente d'innovations et d'écarts individuels.
Sujet :Origine des langues
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