La « matière » tragique de l'Italie, Stendhal l'exploite en virtuose de la réécriture, dans ses récits de voyages, avec d'innombrables variations sur le thème de la violence et de la vengeance, comme dans ses nouvelles et ses chroniques, ces histoires d'amour et de sang qu'il affectionne. On lit dans son œuvre une histoire de l'Italie en fonction du « coup de poignard », un éloge ou une célébration esthétique de l'assassinat. L'Italie est la terre de la passion vindicative où le crime est un idiotisme moral. Dans ce pays où l'on assassinerait à tout va, l'offensé n'attend pas une justice trop lente : le « coup de poignard », c'est la justice foudroyante du Moi. Acte de sensibilité pure et violente, cet acte de justice privée est profondément passionnel. On tue pour les passions et par passion. Cette « matière » d'Italie, on la retrouve dans le « récit tragique » dominé par la figure de l'héroïne. Au roman qui raconte la rencontre de deux cœurs, s'oppose la nouvelle où les amants sont des ennemis que tout sépare. Alors la passion tend au désastre.
Sujets :Criminalité · Dans la littérature · Thèmes, motifs · Tragique (littérature)
Lieu :Italie
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