Des crânes qui causent, des monstres, des marionnettes, des fantômes, Hiroshima, Nagasaki, un jardin colonial, des revenants de guerre, des restes d'animaux, un meurtre… et puis douze images en guise de décor : plus réelles, tu meurs ! Une sacrée troupe qu'on a débarquée de notre intimité ! Il faut bien rêver la mort pour pas crever. Il faut bien la crever à la force du poème. Ah, la poésie, sale affaire ! Un piège où paradoxalement, tirer toutes les cordes pour s'en sortir vif. Tous les coups sont permis, du grotesque au tragique, toujours, comme dans tout ce que nous fabriquons, pour jouer entre les tonalités, faire vibrer la cloche et la lyre, le tambour et l'élytre du hanneton, la rime et le vers libre. Un monde qui ne joue pas, casse, explose ou se dessèche. Il faut bien rire aux larmes pour passer de l'ire à l'arme. Ce triptyque opératique et psychopompe rêve du théâtre de mort dans lequel nous jouons une pièce effrayante où les espèces vivantes se fanent dès que l'humain les touche. Le poème devrait être une terre vierge où s'inventât par la colère et l'émoi le chant d'ineffables créatures. Tout sauf un miroir, ce qui supposerait que le réel existe. Pfff ! Chimère égocentrique ! (âme sensible mire-toi avant de t'abstenir bien droite, cuisses serrées bec cloué sur ta porte d'enfance caresse ton visage)
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