Il y a quelque chose des contes de Felisberto Hernández, Robert Arlt ou Juan Carlos Onetti qui apparaît ici, dans cette sorte d'“allégorie de l'hiver”, qui est aussi, d'une certaine manière, une allégorie de l'enfer que connaît un groupe d'hommes abandonnés par le destin dans cet acte qu'est l'éternelle traversée de l'Achéron qui coule au Río de la Plata. Avec la diction d'un parler familier et ancien, non dépourvue de fort subtiles références (comme celle de Lucien de Samostathe, un des premiers à s'être risqué à la catabase), ce livre est fait de personnages qui peu à peu prennent corps sans que cela ne se produise vraiment ; d'ailleurs comment le pourraient-ils n'étant que prismes de langage ? Manuel Mujica Láinez a dit une fois que ce qui est beau appartient à ce qui est rare. Et ce livre d'Alejandro García Schnetzer est une très grande rareté. María NEGRONI
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