crime familial, règlement de comptes ou assassinat politique à la veille de la Grande Guerre ?
En octobre 1919, un procès d'assises bâclé a mis un point final à une affaire criminelle qui reste obscure. Dans les premiers jours de 1914, le patron d'une usine du Finistère travaillant pour le ministère de la Guerre disparaît. On a quelques raisons de penser qu'il a pris la fuite : Louis Cadiou faisait alors l'objet d'une enquête pour des malversations commises au détriment des poudreries nationales. Mais un mois plus tard, on retrouve son cadavre dans des conditions rocambolesques. Le même jour, le directeur technique de l'usine est arrêté. L'affaire Cadiou a commencé, feuilleton échevelé aux rebondissements spectaculaires, peuplé de fous, de mythomanes, d'affairistes véreux et de politiciens corrompus, miné par la guerre des polices, et plombé par le souvenir tout récent de cuirassés qui explosent. Elle tiendra la Bretagne en haleine et quittera rarement la une de tous les journaux de France, avant que la Grande Guerre n'impose son actualité. Aujourd'hui, cette affaire criminelle est tombée dans un oubli complet. Elle engageait pourtant la sécurité et l'efficacité de la marine de guerre. Rien de moins. Et si nous en savons si peu sur un cas aussi spectaculaire, c'est évidemment que des mains puissantes ont su refermer le couvercle. Hermétiquement...
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