Stéphane Duroy est-il un photographe ? Il ne crée pas de belles images, ne pratique ni le reportage ni la photographie documentaire, bref il n'appartient à aucune des trois grandes catégories qui fondent la photographie aujourd'hui. Duroy fabrique des livres à partir de ses photographies, avec un soin et une conviction rares. Il ne produit pas des clichés de qualité, quand bien même ses tirages sont impeccables, mais invente des séquences de photographies, encore que chaque page de ses livres recèle une force pour elle même. J'ai tout de suite été intrigué par cette singularité et par la clarté de ses vues sur son métier. Par la fureur et la rudesse de ses images et son désir de maltraiter la photographie, de la pousser à bout. Par sa façon de fabriquer des livres et des maquettes. Je sentais que sa manière classique était nourrie par une énergie sourde, qui le poussait vers une pratique iconoclaste, le découpage, la rature, l'intervention à la surface des images, non pas pour les ornementer ou les commenter, mais pour les remettre en cause, peut-être même pour les assassiner. Stéphane Duroy revient avec une obsession évidente au même noyau d'images qui fonde son oeuvre, se situant ainsi aux antipodes des pratiques contemporaines, nourries par l'éclatement et la dissémination numérique. [...]
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2017 | Impr. Filigranes | 978-2-35046-418-3 | 64 | Trézélan | AbeBooks · Momox |
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