Kana nous offre enfin ce manga autant mythique que classique, bien que peu connu en France. Le personnage de la « femme-pirate » est apparu en 1975 et a bénéficié de sa série dès 1977. Ce volume de 800 planches en reprend l'intégrale, pendant exact de la récente publication consacrée à Albator. Car le capitaine Harlock et son vaisseau l'Arcadia ont pour pendant cette blonde balafrée, aux yeux tristes et son Queen Emeraldas, vaisseau spatial rouge en forme de zeppelin. Les deux personnages se croisent dans la plupart des oeuvres interstellaires de Matsumoto, bien qu'Emeraldas y soit généralement mystérieuse et fugace : une ombre fatale qui intervient pour sauver un jeune idéaliste ou détruire une menace. On apprend ici beaucoup sur ses origines, ses amitiés, son amour, les rapports avec Toshiro et Harlock, mais ce n'est que l'une des multiples versions données par l'auteur. « Je suis Emeraldas » : ce mantra, sans cesse répété, maintient paradoxalement le mystère de cet être pessimiste et fataliste, comme condamné à errer dans l'espace une fois son amour perdu. L'oeuvre a gardé toute sa force et son magnétisme, comme ce personnage, mi-Parque mi-Athéna de l'espace.
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