Demeurer bien vivants n'implique aucun état d'agitation, d'excès ou d'extase. Cela s'éprouve au contraire dans une atmosphère de paix intérieure. Celle-ci suppose l'abandon. Peut-être ne devenons-nous paradoxalement le plus nous-mêmes que lorsque nous abandonnons ce qui trop souvent nous définit — possessions, réalisations, aspirations, préoccupations, etc. La paix intérieure, qui est sans doute ce que nous pouvons connaitre de plus précieux, ne nous est pas donnée par les conditions extérieures, changeantes et souvent provocantes, mais par notre attitude à leur endroit. Elle doit être éprouvée même dans des conditions défavorables. C'est au milieu de nos obligations que nous devons éprouver un certain détachement, au cœur des sollicitations et des provocations que nous pouvons goûter une qualité de calme. Les difficultés que nous rencontrons et les épreuves que nous subissons peuvent contribuer à nous libérer. Seul le noyau le plus intime se sent bien vivant. En cinquante-cinq courts textes et autant de thèmes, le philosophe Pierre Bertrand poursuit sa réflexion minutieuse et patiente où il approfondit les questions de l'existence. En ces temps d'inquiétude et de vie contrainte au confinement, ces réflexions prennent une dimension plus que jamais significative.
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