Martín Lasalt rencontre dans la vie d'El Cholo et de La Chola, deux ramas-seurs d'ordures, une expérience émouvante de l'absurde, de la pitié et du langage. Avec l'originalité de son ton qui rend ses hallucinations réelles, il est capable d'atteindre l'humour et l'angoisse avec la liberté imprévisible cultivée dans le passé par Felisberto Hernández et Mario Levrero. Le souffle de Lasalt est plus sensible aux conditions sociales et le lecteur de Pichis trouvera de nombreux miroirs, de l'ironie tout en découvrant ou en reconnaissant des paysages emblématiques de Montevideo déviés par une puissante imagination et des recours narratifs d'une telle efficacité que, comme annoncé en tête du livre, plus que d'un récit il s'agit d'un fait de l'esprit, d'une très brève saga rendue folle par une réalité qui ne se laisse saisir autrement. Ce livre comporte aussi une surprise. Alors que le réalisme paraissait consu-mé, la tradition fantastique vient lui tendre la main et légitimer une façon nouvelle de raconter. D'après Carlos María Domínguez, (La maison en papier - Seuil - 2004)
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