Toute oeuvre commence avec le regard porté sur notre temporalité, notre durée et notre fin. Le sentiment du tragique naît à l'intersection de la création et de la finitude, du sens et du non-sens. La philosophie tente d'éclairer cette épreuve par le concept, en nous détournant de l'affect qui en est pourtant l'expérience première. La poésie, depuis Hölderlin, peut être ce lieu où affect et pensée se réconcilient, trouvent leur point de fusion instable et passager. Alors que la souffrance se représente souvent dans le drame et que notre temps est celui du nihilisme et de tous les drames du ressentiment, le tragique, lui, n'a rien de pathétique : son chant est celui de qui enfante dans la pleine lumière de sa vie brève. Philosophie et poésie tragiques ne sont-elles pas les contrepoisons des « passions tristes » du nihilisme d'aujourd'hui ?
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2020 | Éd. l'Harmattan | 978-2-343-21985-1 | 115 | Paris | AbeBooks · Momox |
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