Et si les œuvres de fiction étaient l'une des réponses au sentiment de blocage face aux enjeux du réchauffement climatique ou aux leurres des régressions identitaires ? Une philofiction n'est pas une fuite hors du réel. Elle interroge tout au contraire le caractère inéluctable des futurs qui nous semblent promis. Elle nous redonne le goût du possible. À travers l'analyse des oeuvres de Becky Chambers, Octavia E.Butler, Philip K. Dick, Li-Cam ou Kim Stanley Robinson, Ariel Kyrou montre comment la fiction, en dessinant des imaginaires alternatifs, transforme notre être-au-monde et notre relation aux altérités humaines et non-humaines. La philofiction est plus qu'un récit, elle est une action qui nous enjoint à vivre et à penser autrement. La fiction a des pouvoirs mais ils sont d'une nature singulière. Afin de les penser, Ariel Kyrou croise et reformule des concepts qu'il emprunte autant à la philosophie qu'à la théorie des arts : effiction, feintise, devenir, transdescendance, inséparation, etc. Dans un monde où les fictions abondent et où certaines entendent se substituer aux faits, il est essentiel d'apprendre à distinguer les bonnes des mauvaises : les philofictions émancipatrices des schizofictions mortifères. Une des grandes vertus de ce livre est de nous en donner les moyens.
Genre :Science-fiction
Sujets :Dans la littérature · Écologie humaine
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