Après Errances pandémiques, récits kafkaïens et La crevette psychédélique, 108 contes animaliers illustrés, voici le nouvel opus de Philippe Pfeiffer qui s'insère dans la droite lignée des deux premiers : Père indigne et autres délicatesses, 108 histoires délirantes. Comme dans les ouvrages précédents, l'auteur déploie à travers le délire surréaliste et l'imaginaire fantastique une vision assez sombre de l'avenir de l'humanité. L'angoisse et l'effroi sont au premier plan. Cependant, la préoccupation principale de l'auteur reste toujours l'humanisme. Le lecteur trouvera également des préoccupations écologiques. La deuxième partie du livre, qui présente des animaux humanisés, est une suite à La crevette psychédélique ; elle est sans doute la plus positive. Les textes très émouvants et poignants qui parsèment ce livre, comme par exemple La vengeance de Gaïa ou Le festival des animaux, témoignent d'une sensibilité d'écorché vif qui fait la richesse du livre. Cette sensibilité a pour origine une enfance malheureuse, sujet de nombreux textes. D'ailleurs, les enfants jouent un rôle important dans ce livre, alors que la femme n'est pas toujours vue sous son meilleur jour, bien que l'histoire d'Héloïse, l'oie suicidaire lui rend en quelque sorte hommage de façon symbolique. Tous les personnages sont plus ou moins des déracinés qui essaient de fuir l'aliénation sociétale. Père indigne est le cri de désespoir d'une fulgurance absolue d'un simple être humain inquiet pour l'avenir de l'humanité.
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