L'ouvrage peut se résumer en cette belle expression : « Dis-moi comment tu penses Dieu, c'est-à-dire quelle est ta vision du monde, je te dirai comment tu penses le droit » (Michel Alliot 2003). En d'autres termes, c'est la cosmologie et la cosmogonie qui déterminent la manière de penser le droit. Le lien entre la cosmologie occidentale et le Droit moderne est évident. Le livre de la Genèse nous apprend que le monde a été créé par Dieu, à partir du néant, par sa parole. Dieu ne s'est pas contenté de créer l'homme. Il lui a aussi donné sa loi, le décalogue, à travers Moise, au Mont Sinaï. Avec la laïcisation de la société, Dieu est remplacé par l'Etat, qui continue à créer et à gouverner par des lois et des décrets. Mais cette vision du monde et de l'homme n'est ni universelle ni universalisable. Le droit ne peut être présenté comme l'expression d'une seule vision du monde qui serait universelle. D'où la nécessité de le penser autrement, en fonction des différentes cosmogonies.
Sujet :Anthropologie juridique
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