En révoquant l'arrêt Roe v. Wade le 24 juin 2022, la Cour suprême des États-Unis permettait à treize États conservateurs de voter immédiatement des lois interdisant l'interruption volontaire de grossesse, privant ainsi des millions d'Américaines d'un droit institué quelque cinquante ans plus tôt. Cet événement historique témoigne, s'il était besoin, du caractère toujours controversé de l'avortement. Faut-il en conclure que ce sujet ne peut susciter que des débats infructueux, sans espoir de progrès ? Une telle opinion est, selon Kristina Grob et Nathan Nobis, largement contestable, si l'on recourt à la pensée critique – en définissant minutieusement les termes du débat et en mettant à l'épreuve les définitions existantes, en rejetant les nombreuses « pétitions de principes », en énonçant la structure complète des arguments et en évaluant leurs forces et leurs faiblesses. Les deux philosophes soutiennent, sur la base de considérations à la fois rationnelles et éthiques, que l'avortement n'est généralement pas immoral et qu'il doit donc demeurer un droit légal.
Sujets :Avortement · Philosophie
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