Composé en mai 1896, pour sa troisième participation au concours, Pendant la tempête ne compte certes pas parmi les ouvrages les plus fondamentaux de D'Ollone. Œuvre de jeunesse, œuvre de concours, elle fut avant tout conçue pour répondre à diverses exigences dont le musicien n'était pas véritablement le maître. Pour autant, on ne saurait considérer ce véritable petit tableau comme un vulgaire exercice de style : en quelques pages, l'auteur parvient à saisir l'atmosphère du saisissant poème de Gautier, propre il est vrai à enflammer l'imagination. Suivant fidèlement la progression dramatique de ses quatre courtes strophes, il adopte une forme bipartite à la fois simple et efficace. À l'expression tourmentée des affres de la tempête succède l'implorante prière d'un ténor solo bientôt repris par le chœur en un grandiose tutti au lyrisme chaleureux, dans un ultime élan d'espoir que viennent seulement assombrir les échos sourds des flots encore menaçants. Au-delà d'une esthétique partagée entre pure démonstration technique, expression d'une véritable originalité et respect du grand héritage français, D'Ollone parvient à assurer l'homogénéité d'un ensemble hautement maîtrisé. Ainsi, comment ne pas être impressionné par cette tempête tout en tangage et en roulis, contrastant avec la douceur des voix d'hommes bocca chiusa soutenant la partie soliste ? Sans nul doute, autant de raffinements ne saurait que plaider en la faveur de ce répertoire encore à découvrir.
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