Quels que soient le rêve de silence, l'égarement aux limbes ou la résolution à ne plus jamais, les mots reviennent comme une obsession. On ne le comprend pas, mais on y revient toujours. Ils paressent, on les titille. Ils s'éloignent, on court derrière. Ils se cachent, on les débusque. Ils sont au bord de ma fenêtre et scrutent avec moi les paysages du ciel et de la ville. Ils sont au bord de ma fenêtre et attendent le matin, attendent le soir, la nuit, la rédemption, la lune, le sommeil. Oui, ils attendent le sommeil. Parfois ils s'aventurent, au coeur de la foule, au noir des bois, s'entichent d'un caillou blanc au fond d'une poche. Évoquent de grands cratères aux eaux lisses. Mais ils reviennent toujours au bord de ma fenêtre. On ne le comprend pas vraiment, mais ils reviennent toujours. C'est que sans doute le théâtre se trouve là. Patrick Aveline vit à Marseille depuis l'enfance. Il y déclame sa poésie sur des scènes de théâtre. Et dans les calanques, avec le ciel et la mer pour décor, il aime conter, lors de randonnées poétiques, ses errances passées. Depuis peu, il est ravi de savoir ses petits poèmes appris dans les écoles.
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