C'est là, ce 25 décembre, que, pour la première fois, nous avons prononcé le mot « autisme » à propos de Théo. Ce ne fut ni un choc ni une révélation. Plutôt un chemin qui s'est dessiné devant nous. J'ai senti les enfants reprendre pied. Les yeux encore rougis par les larmes, l'angoisse encore visible sur leurs visages, ils cherchaient les mots auxquels se raccrocher. Ce petit frère dont ils avaient appris à accepter les particularités était notre lien, celui qui réunissait nos deux familles, celui qu'on avait attendu, espéré, choyé. Avoir vu sur lui cette souffrance quasi animale n'était pas supportable. Il fallait que nous trouvions le moyen de l'aider à dépasser cela. Nous ne pouvions plus nous voiler la face. Nous n'arrivions pas à aller nous coucher. Les guirlandes lumineuses nous berçaient de leurs couleurs chaleureuses, les rires et les feux d'artifice du voisinage s'insinuaient dans nos chuchotements. Noël passait, sans nous. Cette nuit-là, un contrat tacite a été passé entre nous tous, j'en ai l'intime conviction. Nous allions sortir vainqueurs, il n'était pas envisageable qu'il en soit autrement.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2018 | Valérie Gay-Corajoud | 978-2-9563049-0-6 | 345 | [Palavas-les-Flots] | AbeBooks · Momox |
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