En 2019 a eu lieu le génocide des Ukrainiens de Poldavie. En 2022, sous prétexte de réconciliation nationale, le gouvernement fait effacer les souvenirs des survivants. Pavel, seize ans, y échappe, grâce à Katarina, qui l'a recueilli. Une atmosphère oppressante, tant dans la traque haletante où Pavel est à la fois gibier et chasseur, que dans les souvenirs qui le hantent (toute la famille de Pavel et celle de Katarina ont été tués), dans les récits d'atrocités et dans la description de la manière de broyer un être humain jusqu'à lui enlever l'envie de vivre. Le tout dans une absence totale d'espoir, une solitude absolue pour Pavel, même s'il y a une note positive à la fin : les deux héros ont réussi à fuir à l'étranger, contre toute attente. La vérité aide-t-elle à avancer, à éviter que les erreurs se répètent ? Le roman réussit à nous en faire douter un moment avec le héros. La réconciliation, serait-ce l'oubli de ce qui dérange ? Un livre fort, sur le lien entre mémoire et vérité, très dérangeant parce qu'on ne peut rester neutre : à réserver à des lecteurs qui ont le coeur bien accroché et une certaine maturité.
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