« Lilou est le surnom que l'on a donné à mon grand frère autiste Antoine, 34 ans (…) Comme l'héroïne de Luc Besson dans Le Cinquième élément, il est quelqu'un d'exceptionnel, vivant dans un univers différent du nôtre », nous confiait Lucie Hodiesne Darras, photographe de 27 ans, alors que nous la rencontrions pour la première fois. Depuis cinq ans, la jeune artiste compose, en véritable collaboration avec son aîné, Lilou. Un projet sensible mettant en lumière un handicap encore trop stigmatisé. « C'est dans une dynamique très positive et humaniste que je voudrais proposer un nouveau regard sur l'autisme, plein d'espoir et d'optimisme, pour une meilleure inclusion dans notre société », déclare aujourd'hui l'autrice. Et, si le protagoniste de son récit ne parle pas, n'écrit pas, ne dessine pas, à travers les clichés de sa sœur il se révèle pourtant avec une honnêteté sidérante. Toujours attentive aux bien-être de son frère, Lucie Hodiesne Darras érige, au rythme de ses rituels – des rendez-vous nécessaires dans le temps et dans l'espace – un conte monochrome poétique. Un objet rappelant l'album de famille, au cœur duquel les portraits à la fois bruts et délicats se suivent pour immerger le lecteur dans son univers.
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