Et si l'expédition d'Alger partie de Toulon en mai 1830 était due à d'autres raisons que celles généralement avancées ? Une relecture critique des débats parlementaires ainsi que des journaux et brochures du moment amène aujourd'hui à privilégier le contexte international. Il s'agissait d'abord de rehausser la place de la France en Europe. Puisqu'on ne pouvait pas s'étendre en Belgique et vers le Rhin, alors Alger ferait l'affaire. En s'abritant derrière le système de Vienne condamnant l'esclavage, en empêchant du même coup l'Anglais, l'ennemi de toujours, de s'y installer. Portée au pouvoir un mois après la chute d'Alger par ceux qui s'étaient dit contre, la monarchie de Juillet décida ensuite d'y rester : pour ne pas reculer et perdre la face, mais aussi parce que l'armée, sur place, décidait seule. Et lorsqu'on choisit en 1840 d'en faire par tous les moyens la conquête « totale », c'est encore sous l'effet de considérations internationales, pour compenser un affront diplomatique au Levant. À Alger, même sans savoir comment on pourrait y faire colonie, la France y allait pour s'y mettre. Dès le début.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2022 | Éd. l'Harmattan | 978-2-14-025821-3 | 236 | Paris | AbeBooks · Momox |
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