Dans cette étude on examine si la prise en compte des structures de qualification est susceptible de modifier l'estimation de l'élasticité emploi-salaire dans la demande de travail. Après une analyse descriptive ses disparités et de l'évolution des structures de qualification, on estime sur un panel d'entreprises de l'industrie manufacturière française deux modèles de demande de travail, l'un basé sur l'hypothèse de débouchés contraints, l'autre sur l'hypothèse de concurrence monopolistique. On obtient sur les deux modèles les résultats suivants : (i) Prendre en compte les structures de qualification comme variable explicative supplémentaire ne modifie pas significativement l'élasticité emploi-salaire. (ii) L'estimation de modèles à coefficients variables révèle de fortes hétérogénéités de comportement : l'élasticité emploi-salaire décroît (en valeur absolue) lorsque le degré de qualification de la main-d'oeuvre augmente. Les structures de qualification, qui n'interviennent pas significativement comme variable explicative de la demande de travail, influencent donc significativement les coefficients de cette dernière. (iii) La prise en compte de ces hétérogénéités significatives ne modifie pas l'évaluation de l'élasticité moyenne : le biais d'hétérogénéité est très faible.
Sujets :Qualifications professionnelles · Salaires
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