Pour ce nouveau volume, changement de ton : pas vraiment une fiction « classique », mais une « histoire », celle du narrateur avec une absente, dans un temps indéterminé (pourtant, ce manuscrit a été écrit (avant d'être repris) il y a plus de 30 ans, et a bien failli être édité par Jérôme Lindon, chez Minuit), sous une forme épistolaire : Lettres à l'inconnu(e). Polysémie du titre : l'inconnu(e) est la non-nommée à qui les lettres sont adressées, apparemment personnage d'imagination non encore connu au départ du livre en train de s'écrire, mais aussi bien l'incertain du devenir de cette écriture : qui en seront les récepteurs, c'est-à-dire les lecteurs (sans parler de l'éditeur) ? L'écriture crée « sa » fiction. Principe d'incertitude généralisée… La musique de ce livre a une tonalité « Minuit » de la grande époque, indéniablement : du côté des errances-poursuites du cinéma de Chantal Akerman ou de Marguerite Duras (mais la déprime en moins). Une grande douceur : la « morale » littéraire est affaire de peinture avec des mots.
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