« Dans l'obscurité du ciel, l'Étoile se mit à parler ». Cette étoile qui porte le récit, celle qui est découpée sur la couverture puis présente à chaque page du livre, c'est évidemment l'étoile jaune de la Shoah : « ma mère était ciseaux, mon père était toile d'un jaune lumineux [...]. J'ai été leur première blessure ». Écrit dans une langue poétique très ramassée, cet ouvrage présente les destins de dix personnages, peignant en quelques touches leur vie d'avant puis le temps de la tragédie. Les illustrations sont foisonnantes, mélangeant les dessins au trait enfantin, les coupures de presse, les hommes en armes... On comprend peu à peu les discriminations (le libraire, la professeure empêchés d'exercer leur métier), puis le cheminement vers l'horreur des camps et l'extermination (le fou : « pourquoi me fait-on une piqûre ? » ; la fillette « ils m'ont donné une douche, je ne suis plus là »). C'est à la fois cru et pudique, le tissage du texte et de l'image n'édulcore rien mais permet tout de même de garder une distance. Un magnifique travail porteur d'émotion, qui secoue et fait réfléchir : « À l'aube d'aujourd'hui, le seul espoir est d'en garder la mémoire ».
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2021 | Gallimard jeunesse-Giboulées | 978-2-07-514706-4 | — | [Paris] | AbeBooks · Momox |
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