Plieux, jeudi 12 avril 2018, une heure et demie du matin.Avec le chien Le Coz qui aboie toutes les cinq minutes, iln'est pas question d'essayer de faire une sieste, ici, crainte d'enêtre tiré au premier sommeil, de la façon la plus désagréable,par ces éclats insupportables. J'étais tellement fatigué cetteaprès-midi que j'ai dormi près de la rivière, dans l'herbe, sousun arbre, à l'angle d'un champ. Quand je me suis réveillétout était magnifique, lumineux et sombre, fantomatique,spectral, otherworldly. J'étais tellement désorienté qu'il m'afallu plusieurs minutes pour décider si un parfait disqueblanc, bien distinct à travers de diaphanes nuages, était lalune ou le soleil. . .À mesure que s'effondre davantage le monde que j'aiaimé, plus beaux m'en apparaissent les ultimes vestiges : lesciels, les arbres, les visages, la grammaire, la politesse, leschiens, un cerisier en fleur dans un taillis encore sans feuilles,la poésie de Paul-Jean Toulet, un geste de délicatesse et debonté.
Genre :Journaux intimes
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | Renaud Camus | 979-10-91681-58-2 | 694 | Plieux | AbeBooks · Momox · |
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