Passionné par les œuvres de Georges Bernanos et de Dostoïevsky, Yves Goulm est un écrivain à part. Dans ses romans, il n'a pas une seule voix mais plusieurs différentes. Une pour chacun de ses personnages. Et elles sonnent juste. Dans les deux grands poèmes de ce livre, c'est une seule voix : la sienne. Et quelle voix ! Elle possède mille registres, elle se fait douce et respectueuse au chevet de son père mourant mais elle peut s'élever jusqu'à une fureur fracassante dans l'Enfer me ment. Voilà un poète qui ne peut laisser indifférent. Tous les hommes n'ont pas ces cris et ces révoltes intérieures mais celui qui les écoute et les transfigure n'en est que plus homme. Les photographies de Thibault Toulemonde semblent bien loin de l'univers clos d'Yves Goulm. Pourtant les vastes horizons limpides, l'absence de bruit et de fureur provoquent un même sentiment d'inquiétude et d'isolement. L'un montre le dedans, l'autre le dehors de l'homme. Cioran ne disait-il pas : « Le singe et l'homme s'accrochent tous les deux aux barreaux, pourtant seul le singe est à l'intérieur de la cage ». Sommes-nous parfois singe, sommes-nous toujours homme ? Insoluble question que ces deux grands artistes nous aident à mieux cerner par la beauté de leur œuvre.
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