Les Voyages ordinaires, c'est peut-être un roman, c'est peut-être une histoire de la mélancolie. Une mélancolie qui aurait trouvé son herbier. Mais une mélancolie comme point de passage, celui de l'être qui passe, trait d'union de soi à l'autre, quels que soient les temps et les lieux : il faut dire aussi que la mélancolie c'est le bonheur d'avoir vécu. Les Voyages ordinaires, c'est explorer toutes les façons de faire monde, en soi, plus tôt, ailleurs, autrement, à la lumière de de ce qui aurait pu être comme de ce qui a été. Et ramener des visages, des silhouettes, des plantes, des animaux, et les insérer dans une sorte de kaléidoscope d'étonnements où derrière le fragment s'entend des continuités, des séries d'harmoniques, entre êtres vivants et corps imaginaires. Superbement illustrés par Laurindo Feliciano jouant de l'organique et du collage, entre mémoires et fictions, entre figures historiques et figures ordinaires, méditations poétiques et théories imaginaires, Les Voyages ordinaires de François Lozet, c'est plus qu'un texte à découvrir, c'est tout un monde et un objet graphique mis en forme par Uli Meisenheimer, un livre de collection.
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