Auteur de deux monographies sur la prise en charge des enfants abandonnés à Bordeaux parues à la MSHA, Bernard Allemandou, pédopsychiatre, s'intéresse ici au sort réservé aux enfants pauvres auteurs de délits. Le pénitencier de Saint-Jean créé en 1837 pour les garçons mineurs, et celui de Sainte-Philomène l'année suivante pour les filles, étaient nés du défaut du système d'incarcération pratiqué à l'époque où les enfants n'étaient pas séparés des détenus adultes. En s'appuyant sur les documents conservés aux archives municipales de Bordeaux et aux archives départementales de la Gironde, l'auteur décrit le fonctionnement de ces deux institutions qui fonctionneront jusqu'en 1870. Devant l'échec de l'État à créer des établissement spéciaux, l'initiative privée est avantageusement encouragée, laissant cette prise en charge aux ecclésiastiques qui, faisant « œuvre de charité » entendent donner une instruction aux mineurs où « ils apprendraient à connaître, à servir, à craindre et surtout, à aimer Dieu ». Des pénitenciers aux colonies agricoles, Bernard Allemandou dresse ainsi le portrait d'une société bordelaise partagée entre la nécessaire et salvatrice charité chrétienne de l'époque et la peur de ces enfants délinquants qui doivent vivre dans des bâtiments inconfortables au financement aléatoire, avec une éducation sommaire, une alimentation incomplète.
Sujets :Détention des mineurs · Maisons de correction
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