Mains dans les poches, gauloise au bec, il rentrait à pieds du Quartier Latin à la barrière de Clichy, porte d'entrée du monde prolétaire. Ce monde, régi par le couperet des pointeuses, les cadences effrénées, la solidarité dans les combats menés et l'esprit de fraternité, est le sien. Gamin déjà, dans sa Normandie natale, il se levait aux aurores pour aller gagner trois sous avant l'école et se payer un couteau à cran d'arrêt, celui de James Dean dans La Fureur de vivre. Le narrateur convoque ce temps révolu pour percevoir à nouveau l'odeur de l'encre et du plomb, entendre le frottement du crayon sur le papier de son premier dessin, voir scintiller la couleur des chaumes de la Beauce. Les séquences, brèves et poétiques à la manière des haïkus, surgissent et esquissent les frémissements d'un premier émoi, la main lourde d'un père tout en fêlures derrière son armure, le plissé de la robe d'une mère, ou l'apprêté de la vie de chaudronnier sur une chaîne de montage. Les Mains dans les poches vous invite à lancer le caillou dans la marelle de ses souvenirs.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2018 | Editions Héloïse d'Ormesson | 978-2-35087-464-7 | 134 | Paris | AbeBooks · Momox |
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