Au lendemain de Mai 68, la destinée des Halles et du plateau Beaubourg s'unit comme la vis à l'écrou. Culture et contre-culture s'y « parallèlisent » pour finalement muter en mille rhizomes. « Du possible, sinon j'étouffe ! », écrivent Deleuze et Guattari en reprenant Kierkegaard. C'était en 1984, dans un texte intitulé « Mai 68 n'a pas eu lieu ». Car au creux des années 80, « Les Halles » incarnent à l'envers ce lieu du possible, celui des lendemains qui déchantent et du grand sommeil, comme si la situation était encore quotidiennement « pré-révolutionnaire ». Mais comment retrouver l'étrangeté de cette période sous les strates successives que les différents pouvoirs auront cherché à déposer sur ce lieu ? Justement en commençant à rebours... Auteur des Architectes et Mai 68 (2005) et des Architectes et Mai 81 (2011), Jean-Louis Violeau est sociologue et enseigne à l'école d'architecture de Nantes et à l'école urbaine de SciencesPo Paris.
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