Au lendemain des Trois Glorieuses de juillet 1830, les canuts créent leur propre organe, un hebdomadaire, l'Écho de la Fabrique. Durant une cinquantaine de mois, semaine après semaine, les chefs d'ateliers et ouvriers en soie vont s'entendre, s'informer, débattre pour tenter d'adapter la communauté complexe d'ateliers composant la Grande Fabrique à l'évolution industrielle en cours, et ainsi préserver leur autonomie et leur liberté. Ces acteurs de la Fabrique vont, en effet, refuser une expertise économique et politique qui, sous couvert de concurrence internationale et d'essor technologique, tente alors de leur dicter que les régulations démocratiques expérimentées précédemment dans le système de la Grande Fabrique sont désormais obsolètes ; que, évolution économique oblige, ces chefs d'ateliers doivent accepter d'être délocalisés vers les campagnes et rassemblés dans les manufactures concentrées où leur travail sera désormais rythmé par un triple impératif industriel : spécialisation, concentration et hiérarchisation. Contre cette expertise, les canuts vont donc prendre voix, s'insurgeant en novembre 1831 et en avril 1834, mais expliquant aussi dans leurs journaux que les régulations collectives imaginées dans leur économie d'atelier sont politiquement cruciales, mais aussi économiquement efficaces.
Sujets :Activité politique · L'Écho de la fabrique (périodique) · Lyon (Rhône, France) -- 1831 (Révolte des Canuts) · Lyon (Rhône, France) -- 1834 (Révolte des Canuts) · Soie -- Industrie et commerce -- Personnel
Lieu :Lyon (Rhône, France)
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