essai sur la fabrique d'un sujet contemporain
Le projet néolibéral, tel qu'il s'élabore théoriquement, dès l'entre-deux guerres, et tel qu'il s'applique politiquement à partir de la fin des années 1970, identifie comme l'une des conditions de possibilité de son succès et de sa perpétuation la production d'un sujet inédit, capable de s'adapter sans cesse à de nouvelles configurations économiques et sociales, essentiellement structurées par le principe de concurrence. L'éducation, qui permet d'agir précocement sur les subjectivations, est donc un enjeu majeur pour le néolibéralisme. Des normes éducatives nouvelles, imprégnées par les logiques du capital humain, bouleversent dès lors tout autant les systèmes scolaires que les expériences parentales. Assimilé à un potentiel (économique) à développer, le jeune individu se doit désormais d'être transformé en sujet productif, flexible, performant et créatif. Prises en charge par les pratiques de soi d'une « culture de la positivité » et par les savoirs technicisés des neurosciences, les enfances contemporaines, repensées, ajustées et « reconfigurées », s'en trouvent irrémédiablement modifiées.
Sujets :Libéralisme économique · Société · Éducation -- Philosophie
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