Jeune adolescent à Oran, alors que les aspirations à l'indépendance agitent les consciences et ferment les lycées, le narrateur n'a d'autre choix que de seconder puis de remplacer son père dans son échoppe d'écrivain public. C'est là qu'écrivant des courriers normalisés pour des analphabètes à destination d'anonymes administrations, il apprend le métier. Mais pas uniquement, car en face de l'échoppe s'élève l'un des derniers caravansérails de la ville dont les habitantes ont d'inattendues occupations. Avec une douce ironie et beaucoup d'empathie pour le "petit peuple" d'Oran, Malek Alloua nous livre un récit largement autobiographique - sans s'interdire les licences et détours par l'imagination - dont le véritable sujet est bien la naissance d'une vocation et une réflexion a posteriori sur le sens de cette activité, proprement vénale, dont il a fait sa vie, jusqu'à son décès à Berlin en résidence d'écriture en 2016.
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