et autres bandes dessinées, 1895-1922
Le nom de Benjamin Rabier (1864-1939) résonne encore aujourd'hui dans les mémoires. L'illustrateur animalier fait partie du patrimoine des arts graphiques français : son visuel de bovin hilare figure depuis 1921 sur les boîtes de La Vache qui rit, et Gédéon, son canard jaune à long cou, est le héros mémorable d'une série de livres pour la jeunesse toujours réédités. Demeurant l'un des auteurs de bande dessinées les plus productifs du début du XXe siècle, Benjamin a publié plus de 1400 pages dans La Chronique amusante, Le Gil Blas illustré, ou encore La Jeunesse illustrée, revue dont il est le dessinateur vedette. Excellant dans l'exercice du gag en une page, l'auteur met en scène un bestiaire composé d'animaux de toutes sortes, d'enfants terribles, et d'objets qui jouent de mauvais tours. Dans le plus pur style burlesque de l'époque, ce ne sont que chutes, explosions, claques, surprises renversantes, échelles qui tombent, pots de peintures qui se renversent sur la tête. Son trait naturaliste, son humour parfois cru, et son goût pour le mécanisme et les jeux de logique en font un précurseur essentiel, dont on mesure l'influence dans les générations suivantes et notamment chez Hergé. Cette anthologie établie par Antoine Sausverd remet donc en lumière, avec bonheur, la place majeure de Benjamin Rabier dans l'histoire de la bande dessinée.
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