Homme engagé, fuyant les compromis et les demi-mesures, Stig Dagerman est resté attentif, jusque dans ses dernières années d'existence, au fait que l'écrivain qui se fourvoie dans l'esthétisme asservit son art. Mais, en dépit ou grâce à cette prodigieuse lucidité de tous les instants, les relations de Dagerman avec le monde tel qu'il va, en particulier le monde issu de la catastrophe que fut la Seconde Guerre mondiale, ne lui procurèrent aucun apaisement. Au contraire, en même temps que son regard s'aiguise dans d'ultimes chefs-d'œuvre comme Dieu rend visite à Newton ou Tuer un enfant, son équilibre personnel est compromis. Les mots ont certes un singulier pouvoir d'éclairement mais a parole, même la plus libre, celle qu'il revendique à chaque instant dans ses « billets quotidiens » parus dans la presse syndicale, se charge tout autant de ses angoisses que de ses exigences. Il y a toutefois un rire caché chez Dagerman, grâce auquel, même s'il ne peut « changer le monde », il ne lui est pas impossible d'entrevoir de nouveaux départs.
Sujet :Critique et interprétation
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2023 | l'Élan-Ginkgo éditeur | 978-2-84679-547-0 | 181 | Paris | AbeBooks · Momox |
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