Camus, mort dans un accident de la route en 1960, laisse un manuscrit inachevé qui ne fut révélé qu'en 1994. C'est ce roman incomplet, à la fois chant à l'amour, monument autobiographique, « tombeau » d'une famille et d'un pays, l'Algérie, et ode mémorielle rendant leur voix aux humbles, que le dessinateur des « Carnets d'orient » a adapté en bande dessinée. D'un texte à trous, d'une oeuvre lacunaire, il fait un récit aux questions sans réponses, aux impasses ouvertes et prenant sens. Le travail narratif est admirable, la construction prenante : la quête par l'écrivain à succès de ses origines résonne d'une vérité et d'une force étonnantes, que ce soit dans les récits d'enfance, les portraits de la mère. Et l'Algérie de Camus est là, omniprésente et vivante, éternelle et disparue. La colonisation, la violence, le racisme, la guerre, les déchirures de cette autre France sont évoqués sans fard ni évitement. Ferrandez, par son dessin, permet d'approcher la beauté de cette terre et l'amour ressenti par Camus. Une adaptation exceptionnelle sur tous les plans, une réussite magistrale et l'écho d'un roman qui interroge tout homme.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2017 | Gallimard bande dessinée | 978-2-07-507415-5 | 181 | [Paris] | AbeBooks · Momox |
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