Ces deux titres sont depuis leur publication en 1976 des best-sellers aux États-Unis. Pourquoi n'avaient-ils jamais été traduits ? Merci à MeMo et à Françoise Morvan de s'y être collés, car ces petits traités sur le bonheur manquaient. Les livres sont beaux, au service du trait noir de Shel Silverstein. Le premier est l'histoire d'un presque rond qui n'est pas heureux, il lui manque un bout. Il veut partir à sa recherche. La balade se fait en chantant sur une simple ligne, ligne d'horizon ou ligne de vie, elle est parfois douce, parfois difficile, semée de rencontres de bouts qui ne conviennent pas : trop grand, trop petit, trop ceci, trop cela. Jusqu'au jour où, enfin, " ça collait impec' ! " La forme toute pleine roule avec frénésie. Mais ainsi, impossible de chanter. Alors, il laisse tomber son petit bout manquant. Plaidoyer contre les dangers de l'amour fusionnel, ode à nos imperfections, incitation à nous garder ouvert aux autres, à l'imprévu, ou au contraire, à l'écoute de notre petite chanson intérieure ? A chacun son chemin, ses rencontres, son petit bout manquant.Dans le second titre, le petit bout qu'on avait laissé tomber dans le volume précédent devient le narrateur. Avec sa forme triangulaire, il se sent condamné à la passivité, à attendre qu'on l'emmène. Les expériences s'enchaînent sans succès jusqu'au jour où le Grand O, à qui rien ne manque le convainc de se bouger tout seul. De flop en flop, ses angles s'arrondissent et il peut ainsi rouler libre à côté de Grand O... Tout commentaire semble inutile, n'est-ce pas ? (N.B.)
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