"Le Galaté au Bois" (1978) emprunte son titre au célèbre traité italien des règles de bonnes manières codifiées par Monsignor Della Casa, intitulé en italien Galateo, et au bois du Montello. Il questionne ainsi la culture, reposant sur de très fragiles règles sociales, et la nature, attestée par la sauvagerie hirsute non moins fragile d'un bois touffu. Andrea Zanzotto rend compte de la complexité temporelle et géographique du lieu en mettant à contribution un langage associant des styles diversifiés appartenant à des âges stylistiques d'ordinaire incompatibles dûment déhiérarchisés par une promiscuité généralisée : mémoire littéraire, citations, onomatopées, oralité débridée, néologismes, argots, libres créations de son cru. En un mot une langue mêlant le sublime et le trivial. Le plurilinguisme, dont Dante est l'épigone, se trouve ici exalté. Ce faisant, le poète fait se rencontrer les trois traditions poétiques italiennes : la dantesque (plurilinguisme), la pétrarquiste (monolinguisme) et la dialectale.
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