commentaire philosophique du "Banquet des sept sages" de Jean Bodin
L'image de Bodin (mort en 1596) est d'abord celle d'un juriste, théoricien politique de la souveraineté. Mais entre ses Six livres de la République, son Théâtre de la nature universelle, et sa Démonomanie des sorciers, où est-il ? Il ne publia pas le Colloquium, le Banquet des sept sages. L'ouvrage circula sous le manteau et tous les souverains d'Europe tentèrent d'en avoir des copies à prix d'or. Le comparatisme était suspect, « le méchant livre » passa pour un traité d'athéisme. Les critiques n'en voulurent pas moins l'inscrire dans le catalogue des traités de tolérance. Or, plus que l'encyclopédisme, son écriture pose surtout la question du discours indirect : ce que je fais dire à l'autre, ce que l'autre entend de ce que je dis ; de toutes les croyances, aucune n'a le dernier mot. Permettre au public d'entendre la voix de l'intelligence du Colloquium à notre époque de moralisme et d'ignorance de l'histoire des religions, telle est l'ambition de cet ouvrage.
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