Par la magie de l'art, ricanements amers et gémissements acerbes font place au sourire de l'humour. Chacun peut dire sa souffrance à condition d'y mettre les formes, à condition de choisir « la forme ». Choisir la légèreté et le détachement plutôt que l'enlisement dans le drame de l'existence, même en face de la mort, la mort de soi, et celle des autres. […] Ce travail d'orfèvre auquel se livre Giono constitue bien le seul véritable remède à sa mélancolie. L'expression, tant que l'on s'en tient aux diverses modalités du « soupir » ne peut apporter qu'un soulagement précaire. C'est bien la mise en scène de la souffrance qui peut le mettre sur la voie de la guérison. Il faut que le malheur ressenti devienne objet à décrire, à représenter. Toute vie s'« achève » sans être achevée. Dans les Récits inachevés, Giono s'efforce d'en construire le récit, en en construisant l'épilogue. Quand il n'y a plus rien à faire, il reste à dire et tout d'abord à construire, dans l'après- coup, le sens d'une existence. Le sens d'une vie étant à constituer, et non pas simplement à reconstituer. Travail d'archéologue, d'anthropologue, de psychologue, de philosophe, d'artiste, à la recherche de la vérité ; car il ne s'agit pas simplement de découvrir, il s'agit d'inventer, de produire « le mot de la fin » grâce à la constitution d'une parole poétique puisque créatrice.
Sujets :Dernières oeuvres · Littérature et mythe
Recherche préremplie — titre et auteur, toutes éditions confondues — chez 8 marchands d’occasion et sites de petites annonces.
Beaucoup d’éditions sont épuisées — soyez prévenu par email quand une offre d’occasion réapparaît, au prix qui vous convient.
Votre adresse sert uniquement à vous prévenir pour ce livre : une confirmation vous sera demandée par email, et chaque message contient un lien de désinscription en un clic. Aucune revente, aucune lettre d’information.
| BNF → |