Anna est aux prises avec le tourment d'avoir perdu sa mère. Ni rêve, ni monologue, mais un flux de pensées entrecoupé de dialogues avec son père. Dans le texte comme dans l'image, le passé et le présent, l'anecdotique aussi bien que la réflexion métaphysique tournent et s'agrègent jusqu'à ce que se fasse jour la possibilité de recommencer à vivre. Cet état de semi-conscience se traduit par des images étranges et luxuriantes faites de découpages et de collages. Dans le ciel d'Anna sont présents Picasso, Elvis et des morts anonymes aussi. Et puis, la figure de la mère qui apparaît. Une robe qu'Anna a vue abandonnée sur un cintre va habiller sa mère pour un repas où elle retrouve des gens « qu'elle n'a pas vus depuis longtemps ». La petite fille crée un monde imaginaire féerique, coloré, fait d'associations et de décalages subtils, de raisonnements et d'impressions. Elle y entraîne son père, le temps d'un processus de deuil. À la question posée de savoir si ce livre convient vraiment à des enfants, on peut répondre que la mort ne les épargne pas. Un livre qui aborde avec une telle sensibilité, une telle profondeur, une telle liberté le drame de la mort d'un proche ne peut que les ouvrir à la réflexion introspective et les aider s'ils sont concernés.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2014 | A. Michel jeunesse | 978-2-226-25499-3 | — | Paris | AbeBooks · Momox |
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