un continent ignoré
L'autoédition agace aussi bien qu'elle fait rêver. Elle agace les acteurs traditionnels du livre qui y voient une dénégation du lent travail qu'ils assurent tout en portant en elle l'illusion – ou parfois la réalité – de talents cachés qu'elle seule permettrait de faire connaître et reconnaître. Malgré une offre de livres autoédités considérablement développée depuis deux décennies, l'autoédition et ses particularités demeurent assez mal connues. L'exploitation statistique inédite des données, pour les seuls livres imprimés, du dépôt légal et de l'institut GfK permet d'analyser la diversification de l'offre éditoriale apportée par l'autoédition de livres. Ainsi, en 2015, près du quart des livres papier déposés à la Bibliothèque nationale de France (BnF) sont autoédités, contre un dixième il y a 40 ans. La répartition des livres autoédités varie fortement selon les genres : la poésie et les romans sont ainsi surreprésentés en autoédition, à l'inverse de la bande dessinée et de la littérature jeunesse. Du côté des auteurs, l'étude révèle une polarisation marquée entre l'autoédition et l'édition traditionnelle. Les auteurs fidèles à leurs éditeurs publient deux fois plus en moyenne que ceux autoédités et vendent en moyenne bien plus d'exemplaires. Cette étude permet ainsi de sortir des vues caricaturales pour n'accorder à l'autoédition ni trop d'honneur, ni trop peu de considération.
Sujets :Bibliothèques numériques · Écrivains · Édition électronique
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