Longtemps je me suis borné à penser le paysage comme une image. Je le considérais comme un arrêt sur image tout-puissant, émergence épiphanique qui absorbait pour un instant, une fois qu'elle s'était imposée, la réalité toute entière. Or, il suffit de fixer la surface de la toile et de la tourner dans l'esprit, pour découvrir derrière elle des aspects normalement oubliés ou occultés. Il y a, au fond de la représentation, un univers à découvrir, une épaisseur recouverte par la dernière strate, hautement visible, la seule, pourtant, à être vraiment prise en considération. Notre investigation suivra de ce fait un trajet qui mènera des technologies de la représentation à celles liées au point de vue (au positionnement du regardant), pour aboutir à une réflexion sur la construction du regard. Michael Jakob est professeur de théorie et histoire du paysage à la Haute école du paysage, d'ingénierie et d'architecture (Hepia), à Genève.
Sujets :Dans l'art · Histoire · Paysage
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