Descartes est la figure emblématique de la naissance des temps modernes. Le « je pense, je suis » par lequel il aurait traduit l'autonomie de la raison marquerait l'affranchissement à l'égard de toute autorité transcendante. En réalité, c'est pourtant Dieu que Descartes invoque comme garantie dela vérité de sa découverte. Dieu occupe d'ailleurs la place centrale dans les systèmes philosophiques du « Grand Siècle ». La vraie révolution de la modernité, celle de la science, celle de l'observation de la nature, celle de l'induction, les grands philosophes du XVIIe siècle, tels Malebranche, Spinoza, Leibniz et Descartes ne l'auront pas connue. La place qu'ils occupent comme fondateurs de la modernité est une place usurpée, reconduite par une tradition philosophique qui persiste à se réfugier derrière des abstractions plutôt que de s'inspirer de la démarche scientifique. L'invocation du patronage cartésien comme modèle de rigueur intellectuelle et comme fondateur du rationalisme moderne, cette « révolution cartésienne », origine mythique de la modernité en philosophie, n'a jamais eu lieu. Le XVIIe siècle est le siècle de l'induction et de la science expérimentale. Le siècle de Bacon, de Galilée et de Newton... Une erreur ou une distorsion de la réalité répétée mille fois devient vérité. Nous vivons sous un régime d'écriture cartésien. Cet ouvrage place l'histoire future de la philosophie sous l'emprise de la résistance au cartésianisme.
Sujets :Cartésianisme · Critique et interprétation
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