La laïcité, séparation du politique et du religieux, serait synonyme d'impartialité, de paix et d'universalité ; la croyance religieuse, irrationnelle par nature, dresserait les hommes les uns contre les autres ; le contrat social, conscient de lui-même et rationnel, garantirait, lui, une cohabitation harmonieuse. Pourtant, le religieux et le politique ont en commun de placer au-dessus des sociétés qu'ils fondent une instance qui a le dernier mot lors d'un litige. Dans le contexte religieux, on appelle cette instance « le sacré » ; dans le contexte politique, « l'État ». D'où vient cette certitude qu'une culture n'est pas une religion dès lors qu'elle ne croit plus en Dieu ? Qu'est-ce qui nous assure qu'une politique laïque n'a plus rien de religieux ? Peut-on ainsi s'arroger l'impartialité ? Suffit-il à la République d'être laïque pour prétendre à l'universalité ? Si la religion est cette réponse imaginaire aux questions que l'homme se pose depuis toujours, on peut à bon droit se prétendre débarrassé d'elle. Mais si la religion est le processus qui fait les sociétés et leur permet ensuite d'échapper à leur propre destruction, elle entretient avec le politique et le culturel une parenté qui mérite d'être examinée avec attention.
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| Année | Éditeur | ISBN | Pages | Ville | Occasion | Notice | |
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| 2017 | Éd. Amalthée | 978-2-310-03472-2 | 152 | Nantes | AbeBooks · Momox |
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